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Programme 2017

L’édition 2016 du Festival Justice en cultures « Pour une nouvelle géographie de la Justice » avait mis en lumière les difficultés rencontrées par les nations, les institutions internationales à rendre accessible à tous la justice, particulièrement dans des situations difficiles (guerres, crises, catastrophes,…). Ce constat avait été partagé par un public strasbourgeois nombreux, attentif et réactif. Des observations, des suggestions, des critiques avaient permis de nourrir un bilan particulièrement riche.

 

Le choix du thème de cette quatrième édition a été inspiré par un de ces échanges, lors du dernier festival, entre juristes spécialistes des droits de l’homme autour d’un livre, « La mort du bourreau. Réflexions interdisciplinaires sur le cadavre des criminels de masse» (Ed.Petra, 2016) dont la rédaction collective a été dirigée par Sévane Garibian, professeure de droit aux Université de Genève et de Neuchâtel. Dans cet ouvrage sont retracés les derniers moments vécus par les dictateurs avant leur exécution. Bien souvent, ces exécutions ont été précédées de procès bâclés. Certains des auteurs du livre se sont alors interrogés sur le sens à donner à cette étrange justice : symbolique, sacrificielle, exemplaire, politique… les qualificatifs sont nombreux et incertains à rendre compte de ces simulacres de justice. Leur caractéristique commune a été de ne pas respecter « le temps de la Justice ». Poursuivant leur réflexion, les participants au débat ont découvert que la notion de temps de la justice pouvait se décliner avec des sens différents et dans des contextes différents. Relié à cette expression, il y a bien sûr la durée du procès, sa lenteur ou sa brièveté qui peut faire débat. Il en est ainsi des « comparutions immédiates » de droit français, procès pénal presque dans l’immédiateté (Rencontre n°1, « Peut-on juger vite ? », le 3 octobre)  ou à l’opposé les procès « fleuve » dont les audiences s’étalent sur plusieurs années (Procès de Milosevic évoqué lors de la rencontre n°10 « Lente, absente ou expéditive, la Justice appliquée aux tyrans », le 21 octobre). A l’occasion d’une autre rencontre, le célèbre juge Renaud Van Ruymbeke montrera que les nombreux obstacles dans l’instruction des dossiers de délinquance judicaire contribuent à une grande élasticité du temps judiciaire dans ce type d’affaires (Rencontre n°6 « Le temps de la Justice financière », le 13 octobre).  Mais « le temps de la Justice » peut être aussi compris comme le moment où la justice doit être rendue. Prise dans cette acception, les illustrations sont aussi multiples. Ainsi par exemple, il a été ainsi reconnu par le législateur un délai plus long pour agir en justice aux mineurs victimes de viol ou d’actes de pédophilie (Rencontre n°9 « La Justice et l’Oubli », le 20 octobre). La question du moment de justice a aussi été posée lorsque les victimes des dictatures ont souhaité que justice soit faite. La littérature sud-américaine nous en a donné une illustration particulièrement forte dans la pièce de théâtre dont certains extraits seront lus lors de la soirée consacrée aux relations entre la littérature et le temps de la Justice (Rencontre n°4 « Le temps de la Justice et la littérature », le 11 octobre). Il existe aussi des moments où la justice est mise partiellement entre parenthèse comme pendant les états d’exception, états d’urgence ou état de siège (Rencontre n°8 « Les temps troublés de la Justice : les juges confrontés à l’état d’urgence, l’état de siège ou l’état d’exception », le 19 octobre). La justice peut aussi avoir oublié certains justiciables comme ce fut le cas des mineurs licenciés pour faits de grève en 1947/1948 en France ou, plus proches, les retraités marocains victimes de discrimination par amputation de leurs pensions (Rencontre n°13 « Les oubliés de la Justice du travail », le 3 novembre). L’évocation du procès de Tokyo (Rencontre n°3 « Une Justice oubliée, le procès de Tokyo 1946-1948 », le 10 octobre) sera aussi une occasion d’« amnésie judiciaire » d’une partie de l’opinion mondiale. Plus proche géographiquement, cet oubli peut aussi marquer l’histoire judiciaire européenne de l’après Seconde Guerre mondiale quand il s’est agi de poursuivre ou non les juristes compromis sous le nazisme ou sous l’occupation (Rencontre n°11 « Après le désastre de la Seconde Guerre mondiale : juger les juristes compromis », le 24 octobre).

Il y a parfois une justice considérée comme à contretemps comme certains l’ont qualifiée lors de la dernière campagne présidentielle (Rencontre n°5 « Le temps de la Justice et le temps des élections », le 12 octobre). La justice peut être aussi encadrée rigoureusement dans le temps, comme c’est le cas des internés d’office en hôpital psychiatrique où la saisie du juge des libertés et de la détention (JLD) doit intervenir dans les douze jours pour que l’internement puisse éventuellement être prolongé (Rencontre n°12 « Temps d’internement psychiatrique, temps de la Justice », le 31 octobre).

En élargissant le sujet du temps de la justice à l’espace européen, les participants à la rencontre n° 7 sur « Le Temps de la Justice, le temps de l’Europe » (le 18 octobre)   pourront constater que le temps judiciaire varie selon les pays.

Enfin, la soirée inaugurale du festival, consacrée à la représentation de la Justice dans les sculptures, les vitraux de la Cathédrale de Strasbourg nous emportera dans un imaginaire judiciaire en apparence très lointain. Toutefois, les prestigieux universitaires intervenants – Roland Recht et Michel Deneken sauront nous rappeler que certains sédiments intellectuels et moraux de l’époque de la construction de la Cathédrale sont encore en creux dans notre droit contemporain (Rencontre n°2  « La Justice au temps de la cathédrale de Strasbourg », le 9 octobre).

 

Quentin URBAN

Maître de conférences, HDR

Directeur général et artistique du Festival Justice en cultures

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